Le dépistage organisé des cancers : l’affaire de tous

Si la nécessité du dépistage organisé des cancers n’est plus à prouver pour augmenter les chances de guérison, aller toucher un public plus éloigné du soin est également un point clé.

Mais comment faire lorsque le RGPD interdit de partager des données sensibles ? Comment sensibiliser les patients sans médecin traitant ? Et surtout, comment inviter rapidement le public à se faire dépister ?
De plus, quelles ressources déployer sur des territoires sous-dotés, où l’accès aux soins est déjà compliqué ? Et enfin, comment anticiper le parcours aval et accompagner efficacement chaque patient ?

Ce sont ces questions, ainsi que la nouvelle organisation des programmes de dépistage, qui ont conduit Agora Lib’ à mettre en place un groupe de travail autour de cette thématique.

Structurer le dépistage organisé des cancers à l’échelle des territoires

Dans ce contexte, les CPTS ont un rôle clé. En effet, elles permettent de structurer les actions et de renforcer la coordination entre tous les acteurs de santé. Le dépistage organisé des cancers (sein, colorectal, col de l’utérus) s’inscrit dans une priorité de santé publique forte. Face à l’augmentation du nombre de cancers et aux inégalités d’accès aux soins, les politiques nationales et régionales visent à renforcer la détection précoce, condition essentielle pour améliorer les chances de guérison.

Comment ? En s’appuyant sur les réseaux et acteurs existants auprès des publics prioritaires (public précaire, handicapé, isolé, etc.) ; en anticipant le parcours global (information, accessibilité, résultats, suivi) ; en garantissant l’accès aux soins en aval (notamment pour les personnes non véhiculées) ; en adaptant les actions aux spécificités territoriales (précarité rurale vs urbaine) ; et en mobilisant les relais de confiance locaux (associations, CCAS, centres sociaux). Ceux sont toutes ces petites choses réunis qui permettent d’accompagner la personne vers le soin.

Le rôle concret des professionnels de santé

Le dépistage est une responsabilité collective. Ainsi, chaque acteur a un rôle précis :

  • Médecins : majoration prévention de 5 € par indicateur validé à partir de janvier 2026 et accès aux listes de patients éligibles via Amelipro.
  • Biologistes : extension du prélèvement DOCCU aux laboratoires sur présentation de l’invitation.
  • Radiologues : ouverture des listes en open data pour faciliter la prise de rendez-vous.

Ainsi, chaque professionnel de santé contribue à rendre le dépistage organisé efficace et accessible.

Les quatre objectifs du groupe de travail

Le résultat de ce groupe de travail « dépistage organisé des cancers » repose donc sur quatre objectifs forts rendu lisible par des échanges, des questionnements, des confrontations de points de vue et la mobilisation de nombreux professionnels de santé, dans la continuité du rôle renforcé de chacun.

  • Sensibiliser le public et les professionnels de santé.
  • Identifier les publics cibles.
  • Faciliter l’accès aux examens de dépistage.
  • Initier le parcours aval.


Chaque partie contient des outils, des ressources, des exemples d’actions, mais aussi des freins et leviers à mobiliser pour mettre en place des actions avec des partenaires clés et des indicateurs réfléchis pour mesurer l’impact des actions. Ce travail de plusieurs mois va de la collaboration avec les référents locaux jusqu’à l’intégration dans le parcours de soins. Ce rapport vous permettra de mettre en place un véritable parcours autour du dépistage organisé. C’est le document idéal si vous vous demandez comment passé de l’action ponctuelle à la création d’un parcours complet.


N’attendez plus ! Pour en savoir plus, retrouvez le rapport complet ici.

Du dépistage organisé à l’accompagnement : un enjeu de coordination territoriale

Mais après, me direz-vous : quelle est la place de chacun ? Que peut-on faire ?

Pour aller plus loin, Onco Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Agora lib’, à présenté un webinaire sur les soins de support, le 9 mars 2026. A distinguer des soins palliatifs, l’objectif des soins oncologique de support est de proposer une approche globale de la personne afin d’assurer une meilleure qualité de vie sur les plans physique, psychologique et social. Ils incluent, pour le moment, 4 pilliers fondamentaux :

  • La prise en charge de la douleur qu’elle soit liée à la maladie ou au traitement
  • La prise en charge diététique et nutritionnelle pour maintenir l’état général du patient
  • La prise en charge psychologique pour faire face aux conséquences du diagnostic et des traitements
  • La prise en charge sociale pour accompagner dans les démarches administratives, les droits et maintenir le lien social

Mais les soins oncologiques de support (SOS) ne se limitent pas à ça. Ils incluent, par exemple, la nutrition, l’activité physique adaptée, l’image corporelle, la sexualité, la fertilité mais aussi les difficultés sociales et professionnelles. Tout cela a un impact direct sur la qualité de vie du patient, sur sa tolérance au traitement ou encore sur le nombre d’hospitalisations. Ainsi, les soins de support sont en constantes évolutions, ils s’adaptent aux besoins des patients à différents moment de la maladie. D’ailleurs une période souvent sous-estimée est celle du post-traitement, car réintégrer sa vie quotidienne peut parfois, être complexe. Information importante à noter le panier de soin ou socle de base du soins de support selon l’INCa est en cours de révision pour s’élargir.

En ce sens, les soins de support ne sont pas facultatifs : ils constituent une véritable approche globale permettant d’accompagner chaque patient sans discrimination. Ils ont une importance capitale tout au long du traitement du patient, de l’annonce de la maladie jusqu’au phase post-traitement et palliatives. Un exemple simple mis en avant pour mieux comprendre l’importance des SOS, un patient souffrant de dénutrition sans support nutritionnel verra ses traitements devenir plus toxiques entrainant une hausse des effets secondaires et une diminution de leur efficacité.

Le rôle central des CPTS

L’objectif de ce webinaire était également de présenté les ressources disponibles sur le territoires ainsi que les leviers de financements des soins de support et thérapies complémentaires au sein des CPTS. Et là encore, la nécessité de coordonner l’ensemble des acteurs est centrale, au risque de voir apparaître des ruptures dans les parcours. Car le problème n’est pas seulement de connaître l’offre, mais aussi d’en faciliter l’accès.

Des actions menées par les CPTS ont été mises en avant et viendront compléter le parcours de dépistage organisé des cancers. Des CPTS de différentes tailles et de différents départements ont pu expliquer comment elles participent aux SOS selon les spécificités de leur territoire que ce soit en travers la rédaction d’un parcours de soins de support ou le conventionnement avec la Ligue contre le cancer pour mettre en place des ateliers SOS.

Car c’est dans ce rôle clé de coordination, d’approche multidisciplinaire et de création de structure solide entre la ville et l’hôpital que les CPTS ont toute leur place. Elles assurent la fluidité des parcours, permettent l’« aller vers », facilitent la transmission de l’information et font du dépistage organisé des cancers l’affaire de tous.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le support de présentation du webinaire ici.

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